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Salud6 nov 202616 min de lectura

Comment bien s'adapter au changement d'heure cet hiver ?

Comment bien s'adapter au changement d'heure cet hiver ?

Sommaire

Réinstaurée en 1976 pour réaliser des économies d’énergie après le choc pétrolier, cette mesure ne pèse plus guère dans l’optimisation de la facture électrique du pays, et ses détracteurs se font de plus en plus nombreux. Le texte sur la fin du changement d’heure, voté en première lecture par le Parlement européen en 2019, attend toujours une décision des États membres, qui ne s’accordent pas sur le maintien de l’heure d’été ou de l’heure d’hiver. En attendant, les Français devront une nouvelle fois régler leurs montres.

Ce passage à l’heure d’hiver ne modifie ni la durée du jour ni la course du soleil. Il déplace uniquement l’heure légale, celle qui organise les horaires de travail, d’école et de transport, et la rapproche de l’heure solaire. Mais qu’en est-il de l’horloge biologique qui, elle, ne se reprogramme pas en une seule nuit ? Et comment l’aider à s’adapter au mieux au passage à l’heure d’hiver ?

On vous dit tout. 

Comment s’adapter au passage à l’heure d’hiver ?

Quelles sont les répercussions du changement d’heure sur le cycle circadien ?

Presque toutes les cellules de l’organisme possèdent leur propre horloge moléculaire. Pour coordonner ces milliards de mécanismes, le corps dispose d’une horloge centrale, les noyaux suprachiasmatiques, situés dans les yeux juste au-dessus des nerfs optiques. Leur rythme naturel est proche de 24 heures, mais n’est pas exactement de 24 heures chez la plupart des individus. Ils doivent donc être recalés, ou « remis à l’heure », chaque jour. La lumière du jour joue ici un rôle essentiel : des cellules spécialisées de la rétine, particulièrement sensibles aux courtes longueurs d’onde, captent le signal lumineux et le transmettent à notre horloge interne. Celle-ci coordonne ensuite les horloges périphériques présentes dans différents organes et tissus comme le foie, les muscles, le tissu adipeux et l’intestin.

Ce rythme circadien (du latin circa diem, « environ un jour ») se manifeste à travers plusieurs marqueurs physiologiques :

  • La mélatonine, qui est sécrétée par la glande pinéale lorsque la luminosité baisse. Elle prépare à l’endormissement.
  • Le cortisol, qui atteint son pic dans l’heure qui suit le réveil et accompagne la mise en route de l’organisme.
  • La température corporelle, minimale en fin de nuit, qui remonte progressivement au fil de la journée.

La vigilance, l’appétit et même la force musculaire suivent également des courbes prévisibles sur 24 heures.

Les chronobiologistes distinguent trois horloges dont les rythmes doivent se coordonner :

  • L’horloge biologique.
  • L’horloge solaire.
  • L’horloge sociale, celle des montres et des emplois du temps.

La première horloge se synchronise sur la deuxième, tandis que la troisième est déterminée par nos horaires de travail et nos obligations sociales. Lorsque ces rythmes ne concordent plus, on parle de jet lag social. Celui-ci se mesure en comparant le milieu de la période de sommeil (le point médian) entre les jours travaillés et les jours de repos. Chez de nombreuses personnes actives, ce décalage dépasse une heure, comme si elles changeaient de fuseau horaire chaque week-end. Le passage à l’heure d’été accentue ce phénomène en avançant l’heure officielle sans modifier l’heure solaire. À l’inverse, le retour à l’heure d’hiver tend à réduire ce décalage [1]. Mais pour se remettre en phase, l’organisme doit retarder son horloge interne, ce qu’il fait progressivement sur plusieurs jours.

Le chronotype de chacun influence cette adaptation. Les personnes du soir, qui se couchent et se lèvent naturellement tard, apprécient généralement le passage à l’heure d’hiver car leurs horaires sociaux se rapprochent de leur rythme spontané. Les personnes du matin vivent plutôt l’inverse et se réveillent généralement plus tôt la première semaine. Les jeunes enfants, très réguliers dans leurs horaires, ainsi que les personnes âgées mettent généralement plus de temps à s’adapter au changement d’heure.

Quel est l'impact du passage à l’heure d’été ou d’hiver sur le sommeil ?

Le passage à l’heure d’été et le passage à l’heure d’hiver n’ont pas les mêmes conséquences sur le sommeil.

Au printemps, on perd une heure de sommeil et l’horloge interne doit s’avancer, un exercice pour lequel elle est mal adaptée. L’endormissement s’allonge, le sommeil se fragmente et la dette de sommeil s’accumule pendant au moins une semaine [2]. C’est donc la transition printanière qui concentre la plupart des effets négatifs documentés du changement d’heure [3].

À l’automne, la transition a la réputation d’être plus douce, puisqu’elle offre en théorie une heure de sommeil supplémentaire. Dans les faits, on dort rarement une heure de plus la nuit du changement, et les réveils plus matinaux des jours suivants grignotent ce bénéfice, au point que le bilan de la semaine peut devenir négatif [2]. De plus, même lorsque la nuit s’allonge, le sommeil n’est pas forcément meilleur. Dans une petite étude finlandaise, l’efficacité du sommeil, qui correspond à la part du temps passé au lit pendant laquelle on dort réellement, a nettement reculé après le passage à l’heure d’hiver, d’environ 86 % à 80 %, tandis que les mouvements nocturnes se multipliaient. Quatre jours après le changement, le rythme veille-sommeil n’avait toujours pas retrouvé sa stabilité [4].

Certains profils sont plus exposés que d’autres :

  • Les parents de jeunes enfants, dont le réveil de 7 h devient un réveil de 6 h dès le dimanche matin.
  • Les personnes âgées, dont le sommeil plus léger et plus fragmenté supporte mal les variations d’horaires.
  • Les personnes du matin, qui se réveillent spontanément très tôt pendant plusieurs jours.
  • Les travailleurs de nuit, dont le poste s’allonge mécaniquement d’une heure lors de la nuit du changement d'heure.

Quels conseils pour bien s’adapter à l’heure d’hiver ?

S’adapter à l’heure d’hiver consiste à aider son horloge interne à reculer d’une heure en conservant une bonne routine de sommeil. Pour la plupart des adultes, quelques ajustements bien anticipés peuvent aider à passer cette transition en douceur.

Modifier progressivement ses heures de sommeil

Le passage à l’heure d’hiver implique de décaler ses horaires de sommeil. Pour faciliter cette transition, mieux vaut s’y préparer quelques jours à l’avance. Dès le mercredi ou le jeudi précédent, retardez progressivement vos heures de coucher et de lever de 15 à 20 minutes par jour. Le dimanche, l’organisme aura déjà commencé à s’adapter et le changement d’heure sera plus facile à absorber.

Pour une personne qui se couche habituellement à 23 h et se lève à 7 h, le programme peut se dérouler ainsi :

Jour Heure de lever Heure de coucher Décalage par rapport aux horaires habituels
Mercredi 7 h 15 23 h 15 + 15 minutes
Jeudi 7 h 30 23 h 30 + 30 minutes
Vendredi 7 h 45 23 h 45 + 45 minutes
Samedi 8 h Minuit (soit 23 h à la nouvelle heure) + 1 heure
Dimanche 7 h (nouvelle heure), 
après une nuit de
durée normale
23 h (nouvelle heure) Horaires habituels,
à présent calés sur l’heure d’hiver

Pour les jeunes enfants, il est préférable d’étaler la transition sur une semaine entière, par paliers de 10 minutes, en décalant aussi le bain, le dîner et le rituel du soir.

Envisager une routine de supplémentation pour garder le moral en automne

Certains nutriments et actifs peuvent accompagner l’organisme lors du changement d’heure et pendant les mois de faible luminosité qui suivent. Ils peuvent agir sur la fatigue, le fonctionnement nerveux ou l’équilibre psychologique.

La mélatonine pour faciliter l’endormissement. Hormone de l’obscurité, elle signale à l’organisme que la nuit va commencer. Lorsqu’elle est apportée sous forme de complément alimentaire, elle facilite l’endormissement et peut aussi influencer le réglage de l’horloge interne. Ce second effet dépend du moment de la prise : plus la mélatonine est prise tôt dans la soirée, plus elle tend à avancer l’horloge interne [5].

En automne, l’horloge devant au contraire reculer, mieux vaut éviter une prise en début de soirée. La mélatonine se prend uniquement avant le coucher [6] et peut faciliter l’endormissement les jours qui suivent le passage à l’heure d’hiver. Attention, comme pour tout ingrédient actif, des précautions s’imposent. Sa consommation est en effet déconseillée aux femmes enceintes ou allaitantes, aux enfants et adolescents, aux personnes atteintes de maladies inflammatoires ou auto-immunes et aux personnes ayant une activité nécessitant une vigilance soutenue. Elle est également déconseillée, sans avis médical, aux personnes épileptiques, asthmatiques, souffrant de troubles de l’humeur, du comportement ou de la personnalité. Enfin, il est recommandé de prendre conseil auprès d’un professionnel de santé en cas de traitement médicamenteux [7].

Le magnésium pour soutenir l’équilibre nerveux et psychologique. Il intervient dans plus de 300 réactions enzymatiques, dont celles qui produisent l’énergie cellulaire et celles qui assurent la transmission nerveuse. Il contribue à réduire la fatigue, au fonctionnement normal du système nerveux et à des fonctions psychologiques normales [6]. Les premiers jours qui suivent le changement d’heure sont souvent marqués par des coups de fatigue en fin de journée, qui s’ajoutent à la baisse de moral liée au raccourcissement des jours et à la chute des températures. Anticiper avec une cure de magnésium peut aider à réduire la fatigue de cette période de transition.

Les vitamines B6, B9 et B12 pour réduire la fatigue. Ces trois vitamines, qui participent à la synthèse des neurotransmetteurs, contribuent à des fonctions psychologiques normales ainsi qu’à la réduction de la fatigue [6]. Un complexe de vitamines B ou un multivitamines peut ainsi accompagner une période de baisse de tonus, comme c’est souvent le cas en automne.

Le safran, l’une des plantes les plus étudiées pour le moral. Les stigmates de Crocus sativus contiennent du safranal et de la crocine, deux composés étudiés pour leur action sur les voies sérotoninergiques. Une méta-analyse portant sur 23 essais cliniques a mis en évidence un effet favorable de l’extrait de safran sur les symptômes dépressifs et anxieux par rapport au placebo [8].

La rhodiola, pour traverser les périodes de stress et de fatigue. La racine de Rhodiola rosea est traditionnellement utilisée pour soulager stress et ses manifestations comme la fatigue et l’épuisement [9]. Dans un essai contrôlé contre placebo mené auprès de 60 adultes fatigués par un stress prolongé, un extrait standardisé de rhodiola a diminué la sensation de fatigue et amélioré la concentration en quatre semaines [10]. 

Le griffonia, une source naturelle de 5-HTP. Les graines de Griffonia simplicifolia, une plante sont la principale source de 5-hydroxytryptophane (5-HTP). L’organisme convertit ce composé en sérotonine, un neurotransmetteur impliqué dans la régulation de l’humeur, puis en mélatonine [11]. Une revue systématique de 13 études suggère un effet favorable du 5-HTP sur l’humeur [12]. Le griffonia ne doit pas être associé aux antidépresseurs ni aux autres médicaments agissant sur la sérotonine, en raison du risque de syndrome sérotoninergique [11]. Par prudence, il est également déconseillé sans avis médical aux femmes enceintes ou allaitantes.

Nos conseils pratiques pour mieux vivre le passage à l’heure d’hiver

La lumière, un repère essentiel pour l’horloge biologique. Pour aider l’horloge interne à reculer, l’exposition à la lumière en fin de journée est particulièrement utile. La semaine du changement d’heure, passer 20 à 30 minutes à l’extérieur entre 16 h et 17 h 30 permet de bénéficier d’une lumière naturelle, généralement plus intense que l’éclairage intérieur, même par temps couvert. En début de soirée, conserver un éclairage suffisamment lumineux dans les pièces de vie peut prolonger cet effet. À l’approche du coucher, en revanche, il est préférable de réduire progressivement la luminosité, en limitant également l’exposition aux écrans.

Des repas calés sur la nouvelle heure. Les horaires des repas participent au réglage des horloges périphériques, en particulier celles du foie et de l’intestin. Dès le dimanche, calez vos repas sur l’heure d’hiver.

Une activité physique en fin de journée. Une séance de sport placée en fin d’après-midi peut accompagner le décalage vers le soir. Elle coïncide aussi avec le moment où la force et la puissance musculaires atteignent généralement leur maximum. Attention, une séance trop intense juste avant le coucher peut retarder l’endormissement chez certaines personnes.

La caféine sous surveillance. La caféine possède une demi-vie de plusieurs heures. Un café pris à 16 h peut donc perturber l’endormissement en fin de soirée. Buvez votre dernier café en début d’après-midi.

Des routines stables pour les plus fragiles. Chez les personnes âgées, le maintien d’horaires fixes pour les repas, les soins et le coucher, associé à une sortie quotidienne à la lumière du jour, limite la désorientation lors du changement d’heure. Chez les travailleurs de nuit, une courte sieste avant la prise de poste aide à supporter l’heure supplémentaire du passage à l’heure d’hiver.

Pourquoi change-t-on d’heure en automne et au printemps ?

Historique du changement d’heure : à quoi sert-il à l’origine ?

Pendant des siècles, les activités humaines étaient calées sur la lumière du soleil et non sur des horloges. L’idée d’économiser la lumière du jour apparaît dès 1784, lorsque Benjamin Franklin publie dans le Journal de Paris une lettre satirique dans laquelle il propose un calcul des économies de bougies que réaliseraient les Parisiens s’ils se levaient avec le soleil. Il suggère, sur le ton de la plaisanterie, de taxer les volets et de réveiller la ville à coups de canon, mais ne propose pas encore de changer l’heure.

Les premières propositions sérieuses apparaissent dès le début du XXe siècle :

  • En 1907, le Britannique William Willett publie un plaidoyer contre le gaspillage de la lumière du jour et propose d’avancer les horloges par étapes au printemps. Le Parlement britannique examine son projet à plusieurs reprises, mais sans l’adopter.
  • C’est la Première Guerre mondiale qui fait basculer les choses. Le 30 avril 1916, l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie avancent leurs horloges d’une heure afin d’économiser le charbon nécessaire à l’effort de guerre. Le Royaume-Uni suit quelques semaines plus tard, puis la France la même année. Les États-Unis adoptent à leur tour l’heure d’été en 1918, avant de laisser pendant des décennies chaque État, et parfois chaque ville, en décider. Il faudra attendre 1966 et l’Uniform Time Act pour qu’un cadre national harmonise ce changement d’heure.
  • La question énergétique revient au premier plan dans les années 1970, à la suite du choc pétrolier, et c’est dans ce contexte que l’heure d’été s’installe durablement en Europe.

L’objectif initial est donc purement énergétique, c'est à dire faire coïncider les heures d’activité avec l’éclairage naturel pour réduire la consommation d’éclairage artificiel.

Depuis quand le changement d’heure existe-t-il en France ?

La France applique l’heure d’été pour la première fois en 1916. Pendant l’Occupation, le pays est aligné sur l’heure allemande. À la Libération, le changement saisonnier est abandonné, mais la France conserve l’heure d’Europe centrale (qui lui donne encore aujourd’hui environ une heure d’avance sur le soleil en hiver).

Le dispositif actuel repose sur le décret n° 75-866 du 19 septembre 1975 [13]. Adopté à la suite du choc pétrolier de 1973, il entre en application le 28 mars 1976, avec un objectif clairement affiché : réduire les besoins d’éclairage en soirée et alléger la facture énergétique du pays.

Les règles européennes ont ensuite harmonisé les dates de changement entre les pays membres, d’abord par des directives successives à partir de 1980, puis par la directive 2000/84/CE, toujours en vigueur. Celle-ci fixe le début de l’heure d’été au dernier dimanche de mars et sa fin au dernier dimanche d’octobre, à 1 h du matin en temps universel coordonné, soit 3 h à Paris en octobre [14]. Tous les États de l’Union européenne changent donc d’heure au même instant.

Les économies d’énergie, raison d’être initiale du dispositif, sont aujourd’hui plus modestes. Selon une étude commandée en 2009 par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), devenue depuis l’Agence de la transition écologique, le changement d’heure permettait d’économiser environ 440 GWh d’éclairage et 70 GWh de climatisation par an, la surconsommation de chauffage (environ 15 GWh) étant jugée négligeable, soit un gain total d’environ 0,5 TWh par an [13]. Ces économies restent limitées à l’échelle de la consommation nationale, et elles s’érodent à mesure que les éclairages LED, beaucoup plus sobres, remplacent les anciennes ampoules.

Pour les opposants au changement d’heure, cette baisse des économies remet en question l’intérêt du dispositif. Ses partisans avancent toutefois qu’il contribue à atténuer le pic de consommation électrique en début de soirée.

Quels pays pratiquent le changement d’heure en Europe en 2026 ?

Les 27 pays de l’Union européenne changent d’heure simultanément, et la plupart de leurs voisins en font de même, notamment la Norvège, la Suisse, la Serbie, l’Ukraine ou la Moldavie. Le Royaume-Uni, qui n’est plus tenu par la directive européenne depuis sa sortie de l’Union, a malgré tout conservé le même calendrier.

Plusieurs pays voisins ont toutefois abandonné le dispositif :

  • L’Islande, qui ne change plus d’heure depuis 1968.
  • La Russie, qui y a renoncé en 2011 en restant à l’heure d’été toute l’année, avant d’adopter une heure d’hiver permanente en 2014.
  • La Biélorussie, qui a cessé de changer d’heure en 2011.
  • La Turquie, qui a fait de même en 2016.
  • Le Maroc, qui vivait depuis 2018 à l’heure GMT+1, avec une interruption à chaque Ramadan, et qui est revenu définitivement à l’heure GMT le 20 septembre 2026 [15].

Questions fréquentes sur le passage à l’heure d’hiver

À quelle date et à quelle heure change-t-on d’heure en automne 2026 ?

Le passage à l’heure d’hiver aura lieu dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026 : à 3 h du matin, il sera 2 h. La directive européenne fixe ce changement au dernier dimanche d’octobre [14], qui tombe cette année le 25.

Les prochaines dates de changement d’heure sont déjà connues. Le passage à l’heure d’été aura lieu le dimanche 28 mars 2027 à 2 h du matin, et le retour à l’heure d’hiver le dimanche 31 octobre 2027 [16].

Va-t-on dormir une heure de plus ou une heure de moins au passage à l’heure d’hiver ?

En théorie, vous dormirez une heure de plus. Pour en profiter pleinement, couchez-vous le samedi soir à l’heure prévue par votre programme de transition, ou à votre heure habituelle si vous ne l’avez pas suivi, sans veiller plus tard sous prétexte que la nuit sera plus longue !

Est-ce que l’on recule ou que l’on avance d’une heure au passage à l’heure d’hiver ?

On recule d’une heure. À 3 h du matin, il sera 2 h, si bien que la tranche horaire comprise entre 2 h et 3 h sera vécue deux fois. Pour s’en souvenir plus facilement, il suffit d’associer le printemps à une avancée, comme la nature qui repart, et l’automne à un recul, comme les jours qui raccourcissent.

À quand la fin du changement d’heure ?

Aucune date n’est fixée à ce jour, malgré plusieurs tentatives pour supprimer le changement d’heure en Europe.

  • 2018 : une consultation publique de la Commission européenne recueille 4,6 millions de réponses, dont 84 % favorables à la suppression du dispositif [17].
  • 2019 : le Parlement européen vote pour une fin du changement d’heure en 2021.
  • Depuis : le projet reste bloqué au Conseil de l’Union européenne, faute d’accord entre les États membres sur l’heure à conserver [18].

Le principal désaccord porte sur le choix entre l’heure d’été et l’heure d’hiver. L’heure d’été permettrait de profiter de soirées plus lumineuses, mais entraînerait des levers de soleil très tardifs en hiver. L’heure d’hiver favoriserait des matinées plus lumineuses, au prix d’un coucher de soleil plus précoce en été. En France, une consultation organisée en 2019 par l’Assemblée nationale avait réuni plus de 2,1 millions de participants : 83,7 % s’étaient prononcés pour la suppression du changement d’heure et 59 % pour le maintien de l’heure d’été [19]. Les spécialistes du sommeil défendent toutefois l’heure d’hiver permanente, plus proche de notre horloge biologique [3].

Pour l’instant, aucune suppression n’est actée. En février 2026, la Commission européenne a lancé une nouvelle étude d’impact, dont les conclusions sont attendues d’ici à la fin de l’année [20]. Une décision nécessitera un accord entre le Parlement européen et le Conseil. Le calendrier européen prévoit toujours des changements d’heure jusqu’en 2031 [16]. Celui du 25 octobre 2026 ne sera donc pas le dernier.

Sources

1. Roenneberg T, Winnebeck EC, Klerman EB. Daylight Saving Time and Artificial Time Zones – A Battle Between Biological and Social Times. Frontiers in Physiology. 2019;10:944. https://doi.org/10.3389/fphys.2019.00944

2. Harrison Y. The impact of daylight saving time on sleep and related behaviours. Sleep Medicine Reviews. 2013;17(4):285-292. https://doi.org/10.1016/j.smrv.2012.10.001

3. Rishi MA, Ahmed O, Barrantes Perez JH, et al. Daylight saving time: an American Academy of Sleep Medicine position statement. Journal of Clinical Sleep Medicine. 2020;16(10):1781-1784. https://doi.org/10.5664/jcsm.8780

4. Lahti TA, Leppämäki S, Lönnqvist J, Partonen T. Transitions into and out of daylight saving time compromise sleep and the rest-activity cycles. BMC Physiology. 2008;8:3. https://doi.org/10.1186/1472-6793-8-3

5. Burgess HJ, Revell VL, Molina TA, Eastman CI. Human Phase Response Curves to Three Days of Daily Melatonin: 0.5 mg Versus 3.0 mg. The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism. 2010;95(7):3325-3331. https://doi.org/10.1210/jc.2009-2590

6. Règlement (UE) n° 432/2012 de la Commission du 16 mai 2012 établissant une liste des allégations de santé autorisées portant sur les denrées alimentaires, autres que celles faisant référence à la réduction du risque de maladie ainsi qu’au développement et à la santé infantiles. Journal officiel de l’Union européenne, L 136, 25 mai 2012. https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2012/432/oj

7. ANSES. Avis relatif aux risques liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de la mélatonine. Saisine n° 2016-SA-0209. Maisons-Alfort : ANSES ; 23 février 2018. https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2016SA0209.pdf

8. Marx W, Lane M, Rocks T, et al. Effect of saffron supplementation on symptoms of depression and anxiety: a systematic review and meta-analysis. Nutrition Reviews. 2019;77(8):557-571. https://doi.org/10.1093/nutrit/nuz023

9. European Medicines Agency, Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC). European Union herbal monograph on Rhodiola rosea L., rhizoma et radix. Revision 1. EMA/HMPC/24177/2023. Adoptée le 20 mars 2024. https://www.ema.europa.eu/en/documents/herbal-monograph/final-european-union-herbal-monograph-rhodiola-rosea-l-rhizoma-et-radix-revision-1_en.pdf

10. Olsson EM, von Schéele B, Panossian AG. A randomised, double-blind, placebo-controlled, parallel-group study of the standardised extract SHR-5 of the roots of Rhodiola rosea in the treatment of subjects with stress-related fatigue. Planta Medica. 2009;75(2):105-112. https://doi.org/10.1055/s-0028-1088346

11. Maffei ME. 5-Hydroxytryptophan (5-HTP): Natural Occurrence, Analysis, Biosynthesis, Biotechnology, Physiology and Toxicology. International Journal of Molecular Sciences. 2021;22(1):181. https://doi.org/10.3390/ijms22010181

12. Javelle F, Lampit A, Bloch W, Häussermann P, Johnson SL, Zimmer P. Effects of 5-hydroxytryptophan on distinct types of depression: a systematic review and meta-analysis. Nutrition Reviews. 2020;78(1):77-88. https://doi.org/10.1093/nutrit/nuz039

13. Assemblée nationale. Question écrite n° 1519 de M. Jean-Pierre Decool (XIVe législature) relative à l’heure d’été et à l’heure d’hiver, JO du 24 juillet 2012, et réponse du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, JO du 2 octobre 2012, p. 5377. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/14/questions/QANR5L14QE1519.pdf

14. Directive 2000/84/CE du Parlement européen et du Conseil du 19 janvier 2001 concernant les dispositions relatives à l’heure d’été. Journal officiel des Communautés européennes, L 31, 2 février 2001. https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32000L0084

15. Médias24. Grande nouvelle : le Maroc revient à l’heure GMT à partir du 20 septembre 2026 (officiel). 25 juin 2026. https://medias24.com/2026/06/25/grande-nouvelle-le-maroc-revient-a-lheure-gmt-a-partir-du-20-septembre-2026-officiel-1708381/

16. Commission européenne. Communication de la Commission — Calendrier de la période de l’heure d’été (article 4 de la directive 2000/84/CE). Journal officiel de l’Union européenne, série C, C/2026/1660, 18 mars 2026. http://data.europa.eu/eli/C/2026/1660/oj

17. Commission européenne. Consultation sur l’heure d’été : 84 % des répondants souhaitent que l’Europe supprime le changement d’heure. Communiqué de presse IP/18/5302, 31 août 2018. https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_18_5302

18. Conseil de l’Union européenne. Seasonal clock changes in the EU. Consulté le 13 octobre 2026. https://www.consilium.europa.eu/en/policies/seasonal-time-changes/

19. Assemblée nationale, Commission des affaires européennes. Compte rendu n° 83, séance du mardi 12 mars 2019 (résultats de la consultation citoyenne sur le changement d’heure). https://questions.assemblee-nationale.fr/dyn/15/comptes-rendus/due/l15due18190083_compte-rendu.pdf

20. Conseil de l’Union européenne. Note 10045/26 : informations de la Commission sur l’étude relative à la fin des changements d’heure saisonniers (Conseil Transports, télécommunications et énergie du 8 juin 2026). 3 juin 2026. https://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-10045-2026-INIT/en/pdf